Emmanuelle Lefrançois Caballero - Artiste Photographe - Paris -
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2010

 

 

L’amour, ça craint.

Ok, j’ai 24 ans et le langage d’une adolescente; on peut tout oublier du passé. Je n’ai jamais été amoureuse. C’était juste un effet placebo.

 

2010, un cocktail Molotov d’émotions fortes, je comprends les drogués en manque. On veut toujours un shoot de plus. Ma drogue c’est lui, coup de foudre électrique.

 

Problème, c’est compliqué. Un classique, il appartient à une autre. 

 

Lui il ne le sait pas encore, ou peut-être que si. Ça va être mon amoureux. 

L’amour ma rendu folle m’a fait perdre tous mes moyens; il y a quelque chose en moi qui a explosé quand je l’ai rencontré. J’ai découvert la femelle en moi, celle que je détestais voir chez les autres. 

 

Je l’ai espionné à son travail du resto d’en face, j’ai lu tous ses messages, fouillé sa chambre. Je l’ai googlelisé, je l’ai fait pour elle aussi, souvent.

J’ai voulu laisser des traces, j’ai tagué son ascenseur, le mur de son immeuble. Je suis allé déguisée à des soirées, vernissages, crémaillères où je n’avais pas le droit d’aller, car elle était là. Mais j’étais trop nulle, je me cachais tellement bien que je ne voyais rien. Sûrement que je ne voulais pas les voir.

 

Les amis, quand tu leur racontes ton histoire, répondent toujours la même chose: « c’est un connard » , « un lâche », « tu mérites mieux », « quitte-le », « il ne la quittera jamais », « il ne te mérite pas », « tu as vu dans quel état il te met ? Et tu dis qu’il t’aime ? »

Puis tu finis par arrêter de raconter, car tu n’aimes pas tout le mal qu’ils pensent de lui. Tu voudrais qu’ils l’aiment comme toi tu l’aimes.

 

Je peux vous dire une chose, je suis bien contente de ne pas les avoir écouté.

 

On s’est fait beaucoup de mal, mais est-ce que si la situation avait été différente nous serions tombés amoureux? 

 

Mon premier cheveu blanc, c’est lui.

Le second, c’est elle.

 

J’ai des regrets bien-sûr, mais c’est le recul qui me les a donnés. J’ai accepté des choses que je n’aurais pas dû, je me suis manquée de respect et, surtout j’ai cru trop tard qu’un bébé arrangerait nos problèmes de mauvaise situation. Pure connerie, je ne sais même pas pourquoi cela m’est passé par la tête. La suite, ça fait mal, mais surtout ça laisse des traces.

 

Mon souvenir préféré : quand j’ai sauté dans cet ascenseur et qu'il s'est arrêté. Il était en retard et fou de rage contre moi. Mais moi, j’étais heureuse de ces heures de bonus coincée près de lui, attendant que les pompiers nous sortent de là.

 

Il y a eu beaucoup de haine, de cris, trahisons, bagarres, humiliations. Mais dans cette souffrance, je ne me suis jamais senti si vivante, heureuse et amoureuse.

Il m’a donné envie d’exister, de poursuivre mes rêves.

Il est mon Happy End.